SRO PACA - Surveillance des Odeurs en région PACA

Air PACA

Pourquoi des « nez » ?

Avec tout ce dont on est capable de nos jours, ne pourrait-on pas utiliser des machines pour mesurer la gêne de la population ?

Le nez humain est l'appareil de mesure le plus sensible qui existe actuellement, et de loin. Il peut repérer une molécule odorante au milieu d'1 million d'autres molécules. Pour l'appréciation de la gêne, il est tout simplement irremplaçable.

Odeur ou gêne, de quoi parle-t-on ?

Les nez bénévoles mesurent l'odeur ou la gêne ?

La gêne bien entendu.

L'odeur est caractérisée par une concentration * et une intensité **. L'odeur est mesurée par des « nez » experts formés.

La gêne est ce qui est ressenti par un individu suite aux odeurs qu'il perçoit, avec un caractère agréable ou désagréable qui n'existe pas pour l'odeur tout court. Pour mesurer la gêne olfactive, on fait appel à un jury de nez bénévoles parmi la population riveraine.

* pour connaître la concentration d'une odeur, il faut connaître combien de fois il faut diluer cette odeur (facteur de dilution) pour être à la limite de ne pas la sentir (seuil de perception).

** l'intensité d'une odeur est établie par comparaison à une échelle d'intensités odorantes de référence (plusieurs concentrations d'un produit de référence).

Odeurs - Toxicité

Une forte perception d'odeur indique-t-elle des niveaux de concentration toxiques ?

A tort, l’odeur est très souvent associée à la notion de toxicité.

Les odeurs peuvent être perçues par l’être humain à des niveaux au moins 10 fois plus faibles que leur seuil de toxicité. A titre d’exemple, le nez humain est capable de détecter l’hydrogène sulfuré (odeur d’œuf pourri) à une teneur dix mille fois plus faible que la concentration toxique. Inversement, le monoxyde de carbone, par exemple, est inodore à des concentrations très toxiques. Il existe également des substances dangereuses ayant une odeur agréable.

Cependant, même si les niveaux de concentration en polluants odorants n’induisent aucun risque direct, les nuisances olfactives qu’ils génèrent peuvent avoir un impact psychologique négatif lorsqu’elles sont jugées excessives. Ce « stress » peut alors dans certains cas avoir des conséquences graves sur la santé des personnes.
Source : Pollutions olfactives, ADEME, Dunod et fiche polluant de l’ADEME.

Une odeur c'est déjà compliqué, plusieurs...

Lorsque plusieurs odeurs se mélangent, elles se neutralisent ou elles se superposent et donc s'intensifient ?

Aucune règle ne permet de prévoir l'odeur résultant d'un mélange de composés odorants. D'ailleurs, la technique des masquants, qui consiste à ajouter un composé agréable pour traiter le problème des odeurs, réserve parfois des surprises bien désagréables !

Non, je ne sens rien et toi ?

Le nez est-il un capteur fiable ?

La perception des odeurs et des gênes olfactives diffère entre individus. Elle évolue aussi chez une même personne. Pour fiabiliser l'information sur l'odeur et la gêne, les observations sont faites par un ensemble de personnes : un jury de nez.

Dis moi ce que tu sens, je te dis ce que tu fais.

A partir des caractéristiques de l'odeur perçue, peut-on remonter à sa source ?

Certaines odeurs génériques sont caractéristiques d'activités ou de rejets particuliers. Par exemple, les industries de la chimie du raffinage, de la papeterie ou de la sidérurgie peuvent rejeter des composés dits « soufrés », générant des odeurs qui s'apparentent à l’œuf pourri, le chou, l'ail ou les légumes en décomposition... Mais les choses se compliquent lorsqu'on est en présence de plusieurs sources ou d'un mélange de composés odorants !

Oeuf pourri, chou, ail... : pourquoi toujours les mêmes ingrédients ?

Beaucoup de nuisances olfactives s'apparentent à des odeurs d’œuf pourri, de chou ou d'ail. La raison à cela est que les substances chimiques générant ce type d'odeurs sont :

  • les hydrogène sulfuré (pour l’œuf pourri),
  • les mercaptans (méthyle et l'éthyle mercaptan pour le chou et le chou en décomposition puis l'allyle mercaptan pour l'ail).

Or ces substances se retrouvent dans un nombre important de secteurs d'activités : l'énergie, la chimie, l'industrie du bois et du papier, l'agroalimentaire, les déchets et les stations d'épuration.
En dehors de l'œuf pourri, du chou ou de l'ail, certaines odeurs gênantes s’apparentent à des odeurs de poisson avarié ou en décomposition. Les substances chimiques générant ce type d’odeurs font partie de la famille des composés chimiques azotés. Il s'agit :

  • des Méthylamines (pour le poisson en décomposition),
  • des Diméthylamines et des Triméthylamines (pour le poisson avarié).

Ces substances peuvent être émises par un certain nombre d'activités :

  • Poissonneries, porcheries et abattoirs,
  • Industries agroalimentaires (équarrissage et nutrition animale),
  • Stations d'épuration, site de stockage de déchets et centres de transit.

Mais que fait la police ?

Existe-t-il une réglementation qui protège la population contre les mauvaises odeurs ?

C'est la Loi sur l'Air de 1996 qui reconnaît à chacun le droit de ne pas être gêné par les odeurs. Il existe également des lois qui régissent les activités des exploitations industrielles. Celles-ci ne doivent pas être à l'origine d'odeurs gênantes pour la population riveraine.

Visualiser le document PDF de la Règlementation des odeurs.